Les politiques de prévention du risque radon en France et dans la plupart des pays européens reposent largement sur l’identification de zones géographiques prioritaires. Mais cette stratégie permet-elle réellement de protéger efficacement la population ? Une étude publiée par des chercheurs de l’Office fédéral allemand de radioprotection (BfS) questionne la pertinence de cette approche et met en évidence les limites d’une prévention essentiellement fondée sur les cartes du radon.
Risque radon : une politique de prévention fondée sur la géographie
Dans de nombreux pays européens y compris en France, la prévention du risque radon s’appuie sur une cartographie destinée à identifier les territoires où la probabilité de rencontrer des concentrations élevées est la plus importante.
En France, cette approche se traduit notamment par un classement des communes en trois catégories de potentiel radon, établi à partir des caractéristiques géologiques du sous-sol.
L’objectif est compréhensible : concentrer les efforts de prévention sur la base d’une donnée objective et incontestable pour permettre une meilleure acceptation des politiques de prévention.
Mais cette stratégie soulève une question essentielle : en privilégiant les territoires sur la seule base de la nature du sol comme c’est le cas en France, ne risque-t-on pas de négliger une part importante de la population réellement exposée ?
C’est précisément cette interrogation qui est au cœur d’une étude publiée en 2022 dans le Journal of Environmental Radioactivity par Eric Petermann, Peter Bossew et Bernd Hoffmann, chercheurs de l’agence allemande de radioprotection (BfS).
Une étude qui distingue le potentiel radon du risque sanitaire réel
Les chercheurs allemands se sont intéressés à une distinction fondamentale, mais souvent négligée dans les politiques publiques : celle qui existe entre le potentiel de présence du radon et le risque sanitaire pour la population.
Le premier correspond à la probabilité de rencontrer des concentrations élevées dans un territoire donné. Le second dépend également du nombre de personnes exposées et des concentrations auxquelles elles sont soumises.
Pour étudier cette différence, les scientifiques ont croisé les données relatives au potentiel géologique du radon avec celles du parc résidentiel allemand.
Leurs résultats mettent en évidence un décalage important entre les territoires présentant un potentiel radon élevé et ceux dans lesquels se concentre le risque collectif.
La majorité des bâtiments allemands présentant des concentrations élevées de radon se situeraient ainsi en dehors des zones géographiques identifiées comme présentant un potentiel élevé ou très élevé.
Autrement dit, les zones les plus exposées ne sont pas nécessairement celles qui seraient visées par la carte du radon.
Une prévention limitée aux zones prioritaires pourrait manquer sa cible
L’étude va plus loin en évaluant les conséquences potentielles d’une politique de prévention exclusivement concentrée sur les zones à fort potentiel radon.
Selon les scénarios étudiés, une telle stratégie pourrait avoir un effet très limité sur la réduction du nombre total de décès par cancer du poumon attribuables au radon en Allemagne. Les chercheurs estiment notamment que cette approche ciblée pourrait éviter moins de 1 % des décès annuels attribuables au radon dans le scénario considéré.
Ce résultat ne signifie pas que les zones prioritaires sont inutiles, car elles englobent des populations qui auraient pu être exclues si une approche purement démographique avait été choisie.
L’article questionne cependant sa pertinence comparativement à considérer le risque comme général au sein de la population. Au d’autres termes : est il pertinent de construire une carte du radon si elle ne permet pas une protection totalement efficace ?
En France, faut-il dépasser une approche territoriale du risque radon ?
En France, la réglementation et les dispositifs de prévention accordent une place importante au classement géographique des communes.
Ce zonage permet notamment d’orienter certaines obligations réglementaires et les actions de sensibilisation. Mais la question posée par les chercheurs allemands dépasse largement le seul cas de l’Allemagne.
Peut-on construire une politique de prévention suffisamment protectrice lorsque la nécessité de mesurer le radon dépend encore largement de critères géographiques ?
La présence de radon dans un bâtiment ne dépend pas uniquement de la nature du sous-sol. Les caractéristiques de construction, les échanges d’air avec le sol, la ventilation et les conditions d’occupation jouent également un rôle déterminant. Savoir correctement intéerpréter la carte du radon est donc essentiel pour bien comprendre sa portée.
Il est donc parfaitement possible de rencontrer des concentrations élevées dans des bâtiments situés en dehors des zones identifiées comme prioritaires. À l’inverse, tous les bâtiments situés dans une zone à potentiel élevé ne présentent pas nécessairement des concentrations importantes.
Le classement géographique constitue ainsi un indicateur utile, mais il ne permet pas de connaître l’exposition réelle des occupants.
Faire de la mesure du radon un véritable outil de santé publique
L’étude allemande invite à repenser la place accordée aux cartes du radon dans les stratégies de prévention.
Plutôt que d’opposer cartographie et mesure, l’enjeu consiste à déterminer comment ces deux outils peuvent contribuer efficacement à la réduction du risque sanitaire. Les cartes peuvent aider à identifier des priorités. Mais seule la mesure permet de connaître les concentrations réellement présentes dans les bâtiments.
Une politique de prévention plus ambitieuse pourrait ainsi encourager beaucoup plus largement la mesure du radon, comme c’est le cas en Suisse ou en Suède ou l’approche de prévention du risque radon se base avant tout sur la mesure plus que sur des critères géographiques.
Cette approche apparaît d’autant plus pertinente que la mesure du radon est simple à mettre en œuvre et relativement peu coûteuse.
La véritable question n’est donc plus seulement de savoir où le radon est susceptible d’être présent, mais comment identifier et protéger l’ensemble des populations réellement exposées.
Radonova : mesurer pour mieux prévenir
Spécialiste international de la mesure du radon, Radonova accompagne les particuliers, les entreprises et les professionnels dans l’évaluation de leur exposition.
Parce qu’une politique de prévention efficace commence par une connaissance fiable des concentrations, Radonova propose des solutions de mesure adaptées aux différents bâtiments et situations d’exposition.
La cartographie est un outil conçu pour prioriser l’action. Seule la mesure permet de qualifier le risque réel.
Découvrez les solutions de mesure du radon proposées par Radonova.
Source : Petermann E., Bossew P., Hoffmann B. (2022), « Radon hazard vs. radon risk – On the effectiveness of radon priority areas », Journal of Environmental Radioactivity, volumes 244–245, article 106833.
Les politiques de prévention du risque radon en France et dans la plupart des pays européens reposent largement sur l’identification de zones géographiques prioritaires. Mais cette stratégie permet-elle réellement de protéger efficacement la population ? Une étude publiée par des chercheurs de l’Office fédéral allemand de radioprotection (BfS) questionne la pertinence de cette approche et met en évidence les limites d’une prévention essentiellement fondée sur les cartes du radon.
Risque radon : une politique de prévention fondée sur la géographie
Dans de nombreux pays européens y compris en France, la prévention du risque radon s’appuie sur une cartographie destinée à identifier les territoires où la probabilité de rencontrer des concentrations élevées est la plus importante.
En France, cette approche se traduit notamment par un classement des communes en trois catégories de potentiel radon, établi à partir des caractéristiques géologiques du sous-sol.
L’objectif est compréhensible : concentrer les efforts de prévention sur la base d’une donnée objective et incontestable pour permettre une meilleure acceptation des politiques de prévention.
Mais cette stratégie soulève une question essentielle : en privilégiant les territoires sur la seule base de la nature du sol comme c’est le cas en France, ne risque-t-on pas de négliger une part importante de la population réellement exposée ?
C’est précisément cette interrogation qui est au cœur d’une étude publiée en 2022 dans le Journal of Environmental Radioactivity par Eric Petermann, Peter Bossew et Bernd Hoffmann, chercheurs de l’agence allemande de radioprotection (BfS).
Une étude qui distingue le potentiel radon du risque sanitaire réel
Les chercheurs allemands se sont intéressés à une distinction fondamentale, mais souvent négligée dans les politiques publiques : celle qui existe entre le potentiel de présence du radon et le risque sanitaire pour la population.
Le premier correspond à la probabilité de rencontrer des concentrations élevées dans un territoire donné. Le second dépend également du nombre de personnes exposées et des concentrations auxquelles elles sont soumises.
Pour étudier cette différence, les scientifiques ont croisé les données relatives au potentiel géologique du radon avec celles du parc résidentiel allemand.
Leurs résultats mettent en évidence un décalage important entre les territoires présentant un potentiel radon élevé et ceux dans lesquels se concentre le risque collectif.
La majorité des bâtiments allemands présentant des concentrations élevées de radon se situeraient ainsi en dehors des zones géographiques identifiées comme présentant un potentiel élevé ou très élevé.
Autrement dit, les zones les plus exposées ne sont pas nécessairement celles qui seraient visées par la carte du radon.
Une prévention limitée aux zones prioritaires pourrait manquer sa cible
L’étude va plus loin en évaluant les conséquences potentielles d’une politique de prévention exclusivement concentrée sur les zones à fort potentiel radon.
Selon les scénarios étudiés, une telle stratégie pourrait avoir un effet très limité sur la réduction du nombre total de décès par cancer du poumon attribuables au radon en Allemagne. Les chercheurs estiment notamment que cette approche ciblée pourrait éviter moins de 1 % des décès annuels attribuables au radon dans le scénario considéré.
Ce résultat ne signifie pas que les zones prioritaires sont inutiles, car elles englobent des populations qui auraient pu être exclues si une approche purement démographique avait été choisie.
L’article questionne cependant sa pertinence comparativement à considérer le risque comme général au sein de la population. Au d’autres termes : est il pertinent de construire une carte du radon si elle ne permet pas une protection totalement efficace ?
En France, faut-il dépasser une approche territoriale du risque radon ?
En France, la réglementation et les dispositifs de prévention accordent une place importante au classement géographique des communes.
Ce zonage permet notamment d’orienter certaines obligations réglementaires et les actions de sensibilisation. Mais la question posée par les chercheurs allemands dépasse largement le seul cas de l’Allemagne.
Peut-on construire une politique de prévention suffisamment protectrice lorsque la nécessité de mesurer le radon dépend encore largement de critères géographiques ?
La présence de radon dans un bâtiment ne dépend pas uniquement de la nature du sous-sol. Les caractéristiques de construction, les échanges d’air avec le sol, la ventilation et les conditions d’occupation jouent également un rôle déterminant.
Il est donc parfaitement possible de rencontrer des concentrations élevées dans des bâtiments situés en dehors des zones identifiées comme prioritaires.
À l’inverse, tous les bâtiments situés dans une zone à potentiel élevé ne présentent pas nécessairement des concentrations importantes.
Le classement géographique constitue ainsi un indicateur utile, mais il ne permet pas de connaître l’exposition réelle des occupants.
Faire de la mesure du radon un véritable outil de santé publique
L’étude allemande invite à repenser la place accordée aux cartes du radon dans les stratégies de prévention.
Plutôt que d’opposer cartographie et mesure, l’enjeu consiste à déterminer comment ces deux outils peuvent contribuer efficacement à la réduction du risque sanitaire. Les cartes peuvent aider à identifier des priorités. Mais seule la mesure permet de connaître les concentrations réellement présentes dans les bâtiments.
Une politique de prévention plus ambitieuse pourrait ainsi encourager beaucoup plus largement la mesure du radon, comme c’est le cas en Suisse ou en Suède ou l’approche de prévention du risque radon se base avant tout sur la mesure plus que sur des critères géographiques.
Cette approche apparaît d’autant plus pertinente que la mesure du radon est simple à mettre en œuvre et relativement peu coûteuse.
La véritable question n’est donc plus seulement de savoir où le radon est susceptible d’être présent, mais comment identifier et protéger l’ensemble des populations réellement exposées.
Radonova : mesurer pour mieux prévenir
Spécialiste international de la mesure du radon, Radonova accompagne les particuliers, les entreprises et les professionnels dans l’évaluation de leur exposition.
Parce qu’une politique de prévention efficace commence par une connaissance fiable des concentrations, Radonova propose des solutions de mesure adaptées aux différents bâtiments et situations d’exposition.
La cartographie est un outil conçu pour prioriser l’action. Seule la mesure permet de qualifier le risque réel.
Découvrez les solutions de mesure du radon proposées par Radonova.
Source : Petermann E., Bossew P., Hoffmann B. (2022), « Radon hazard vs. radon risk – On the effectiveness of radon priority areas », Journal of Environmental Radioactivity, volumes 244–245, article 106833.



