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Où se trouvent les régions sans radon en France ? Nous avons cherché…

By octobre 12, 2025octobre 13th, 2026Carte du radon

Bonne nouvelle pour les Français : certaines régions seraient épargnées par le radon ! Pas de gaz radioactif dans les logements, pas de risque pour la santé, pas besoin de mesurer. Il suffirait de consulter la carte du radon pour identifier ces territoires privilégiés. Malheureusement, il y a un petit problème, ces régions n’existent pas.

Bretagne, Massif central, Pyrénées, Corse… les suspects habituels

Lorsque l’on évoque le radon en France, on entend souvent dire que c’est un problème qui ne concerne que certaines régions : la Bretagne, le Massif central, les Vosges, les Pyrénées ou encore la Corse. Dans ces régions, caractérisées notamment par des formations géologiques riches en uranium, le radon serait de facto un problème. À l’inverse, dans d’autres territoires comme le bassin parisien, les grandes plaines sédimentaires ou certaines régions du nord de la France, on ne parle pas de radon car c’est bien connu, on n’a pas de granite dans les Landes et encore moins en Picardie.

Alors c’est vrai, si l’on se base sur le seul critère géologique, la probabilité de rencontrer des concentrations en radon importantes dans l’air intérieur est plus grande à Rennes qu’à Amiens.

Pour autant, doit-on imaginer une France à deux vitesses : d’un côté, les territoires exposés au radon et de l’autre, ceux qui pourraient dormir tranquilles ?

Non, la réalité est beaucoup moins nette et l’on cherche encore la région de France où l’on peut affirmer qu’il n’y a pas de radon.

Le radon ne connaît pas les frontières administratives et encore moins les couleurs d’une carte. 

Une carte qui rassure parfois un peu trop

La France dispose d’une cartographie officielle du potentiel radon, établie à partir des caractéristiques géologiques du sous-sol. Un outil pertinent pour prioriser l’action publique sur la base d’un critère tangible et incontestable. Mais attention à ce que cette carte raconte, et surtout à ce qu’elle ne raconte pas. Elle ne mesure pas le radon dans les bâtiments. Elle ne renseigne pas sur les concentrations réellement respirées par leurs occupants. Elle ne donne même pas une probabilité de risque. Elle indique uniquement un potentiel géologique.

Pourtant, le raccourci est tentant : une commune classée en zone 1 immaculée de blanc serait une commune sans radon. Une interprétation aussi rassurante que scientifiquement erronée.

Un potentiel faible ne signifie pas une absence de radon. Et un potentiel élevé ne signifie pas nécessairement une exposition importante.

Deux maisons voisines, deux réalités différentes

Le radon est un gaz radioactif naturel issu de la désintégration de l’uranium présent dans la croûte terrestre. On le retrouve donc partout, à des concentrations variables.

Dans l’air extérieur, il se dilue généralement rapidement. Mais lorsqu’il pénètre dans un bâtiment, il peut s’y accumuler. Et c’est là que les choses se compliquent. La concentration dépend certes de la géologie, mais également de la perméabilité du terrain, de l’étanchéité du bâtiment, de son système de ventilation ou encore de ses conditions d’occupation.

Deux maisons voisines peuvent ainsi présenter des concentrations très différentes. Un bâtiment situé dans une commune à faible potentiel peut afficher une concentration élevée, tandis qu’un autre, implanté sur un territoire à potentiel significatif, peut présenter des niveaux parfaitement maîtrisés.

La géologie influence la probabilité. Le bâtiment détermine en grande partie la réalité de l’exposition.

Le radon, un risque national traité comme une particularité régionale ?

Cette distinction n’est pas anodine. Le radon est la deuxième cause de cancer du poumon après le tabagisme, avec environ 3 000 décès attribués chaque année à l’exposition domestique en France. Pourtant, l’information du public reste largement structurée autour du classement géographique des communes. C’est d’ailleurs la seule information relayée à l’occasion des transactions immobilières.

Ce choix peut laisser croire que les autres territoires ne sont pas concernés. Or, si la cartographie permet de hiérarchiser les probabilités, elle ne saurait constituer à elle seule une garantie sanitaire.

La question mérite donc d’être posée : à force de concentrer l’attention sur les territoires les plus exposés, ne risque-t-on pas de faire oublier que le radon concerne potentiellement tous les bâtiments ?

La seule région sans radon ? Elle n’existe pas.

Alors, où faut-il habiter pour être certain de ne pas être exposé au radon ?

Ni en Bretagne, ni à Paris, ni dans les Landes, ni nulle part au final. A moins bien sûr d’avoir réalisé une mesure directement dans le bâtiment.

La présence du radon est un phénomène naturel généralisé. Ce qui varie, ce sont les concentrations et les niveaux d’exposition qui en résultent.

Une carte, aussi précise soit-elle, ne remplacera jamais une mesure.

Le radon est partout. Sans mesure, impossible de savoir réellement à quoi l’on est exposé.

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