Le radon est un gaz qui se forme naturellement dans tous les sols de la planète et donc partout à la surface du globe. La concentration en radon reste cependant variable d’un sol à l’autre. Cette variabilité chimique et physique des sols conditionne ainsi le potentiel d’exhalation en radon du sol. Ce potentiel dépend donc du taux d’uranium de la roche en question mais également du niveau de porosité du sol. Ces données objectives participent à quantifier le potentiel de risque d’un territoire sans pour autant permettre de définir le niveau de risque avec certitude car la relation entre le potentiel d’exhalation du radon dans le sol et l’activité volumique du radon dans l’air intérieur dépend de nombreux autres facteurs.
La méthode de définition des cartes du radon à travers le monde différe d’un pays à l’autre. En France, le niveau de potentiel de risque qui caractérise la carte du radon se base uniquement sur le potentiel d’exhalation du radon du sol selon le facteur unique de la typologie géologique du sol. Il est donc nécessaire de considérer cette carte comme partiellement indicative d’un potentiel de risque et non pas comme une carte de risque comme on l’entend souvent.
Que dit la carte du radon ?
Élaborée par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), dont les missions ont été reprises par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), cette cartographie repose sur l’analyse des caractéristiques géologiques des territoires. Elle tient notamment compte de la nature des roches, de leur teneur en uranium et de certains facteurs géologiques susceptibles de favoriser la circulation du radon dans le sous-sol.
Contrairement à ce que l’expression « carte du radon » pourrait laisser penser, elle ne représente ni les concentrations de radon dans les bâtiments, ni le niveau d’exposition des occupants.
Elle ne fournit pas davantage une probabilité chiffrée de rencontrer une concentration élevée dans un bâtiment donné.
Cette nuance est fondamentale : la carte du radon en France nous renseigne sur les caractéristiques du sous-sol, pas sur la qualité de l’air que nous respirons.
La carte du potentiel radon en France répartit les communes en trois catégories. Elles correspondent à des caractéristiques géologiques différentes. Habiter ou travailler en zone 1 plutôt qu’en zone 3 n’est pas une garantie d’être plus protégé vis à vis du radon.
Zone radon 1 : un potentiel géologique faible
Les communes classées en zone 1 présentent des formations géologiques dont les caractéristiques sont généralement peu favorables à la présence et au transfert du radon. Ce classement ne signifie absolument pas que le radon est absent ou que les bâtiments ne peuvent pas présenter des concentrations élevées.
Zone radon 2 : un potentiel faible avec des facteurs géologiques particuliers
Les communes classées en zone 2 présentent globalement un potentiel géologique faible, mais comportent des particularités susceptibles de faciliter le transfert du radon vers la surface. Il peut notamment s’agir de failles, de formations géologiques particulières ou de cavités souterraines.
Zone radon 3 : un potentiel géologique significatif
Les communes classées en zone 3 présentent des formations géologiques davantage susceptibles de produire et de favoriser le transfert du radon. Ce classement justifie une attention particulière et sert notamment à déterminer certaines obligations réglementaires. Il ne signifie cependant pas que tous les bâtiments de la commune présentent des concentrations élevées.
Attention ! La carte du radon n’est pas un outil qui informe sur le risque radon réel.
Il est ainsi tout à fait possible de mesurer des concentrations de radon importantes dans des bâtiments situés en zone 1 et inversement de trouver des niveaux de radon faibles dans un édifice situé en zone 3. Seule une mesure de radon permet de confirmer la présence de radon dans des proportions rendant nécessaire l’abaissement des concentrations en radon.
Où trouve-t-on du radon ?
En réalité, quel que soit l’endroit où nous nous trouvons à la surface du globe, il y a du radon à l’air libre dans des concentrations relativement similaires et cela quelle que soit la composition chimique et physique du sol car lorsque le radon remonte à la surface, il a tendance à occuper tout l’espace disponible. On ne le répètera donc jamais assez, le radon est présent absolument partout à la surface du globe et donc sur tout le territoire français, que ce soit en zone 1, 2 ou 3.
Cependant, comme tous les sols présentent des caractéristiques chimiques et physiques différentes, le potentiel d’exhalation du radon est objectivement différent d’une région à l’autre. Ainsi, il est établi que les communes classées en zone 3 présentent un risque radon potentiel plus important dans l’air intérieur, là où le radon peut se concentrer, car elles se situent dans des régions où le sol est connu pour être riche en uranium comme c’est le cas par exemple pour la Bretagne ou le Massif Central. Ce qui ne signifie pas pour autant que les communes situées en zones 1 et 2 ne présentent aucun risque, loin de là !
Rappelons que la première carte du radon définissait des départements prioritaires vis-à-vis du risque radon, laissant croire qu’il y avait plus de radon dans ces départements qu’ailleurs. Certaines communes dans certains départements comme dans le Calvaldos (14) ont vu leur statut passer de commune intégrée à un département prioritaire à commune située en zone 1 selon la nomenclature de 2018. Ainsi, des mesures de radon réalisées dans ces départements ont permis d’identifier des populations exposées à un risque réel alors qu’elles sont aujourd’hui placées en zone 1 et non soumis à l’obligation de mesure.
Attention donc à considérer la carte du radon à sa juste valeur, c’est à dire un outil au service de la priorisation de l’action territoriale et non comme une carte définissant la présence ou non du risque radon ou pire la présence de radon ou non !
Relativiser l’importance de la carte du radon
La carte du radon est un outil de priorisation de l’action territoriale, et en aucun cas, une carte d’évaluation du risque radon.
Cette carte est en effet uniquement fondée sur les caractéristiques géologiques du territoire. Or, les concentrations de radon que l’on retrouve dans l’air intérieur sont à seulement 30% dues au type de sol sur lequel le bâtiment est construit. La carte du radon n’intègre donc pas les autres facteurs qui influent pour 70% sur les concentrations de radon dans l’air intérieur comme :
- Les caractéristiques du bâtiment : une maison bâtie sur un vide sanitaire sera mieux protégée du radon que maison bâtie sur une dalle en pleine terre. De même, une maison bien ventilée aura tendance à limiter l’accumulation de radon dans l’air intérieur.
- La qualité de construction : la qualité des matériaux et surtout de leur mise en œuvre est un facteur également déterminant. Une dalle fissurée laissera ainsi plus facilement pénétrer le radon qu’une dalle de béton bien étanche.
- La sensibilisation à la qualité de l’air intérieur : une personne sensibilisée à l’importance de la qualité de l’air intérieur aura tendance à aérer plus souvent et être soucieuse de la nécessité de renouveler l’air. Le facteur humain est là aussi déterminant.
Une maison bâtie dans les années 50 sur une dalle en terre plein située en zone 1 aura probablement plus de chances de présenter des concentrations en radon plus importantes qu’une maison récente située dans la pire des zones (zone 3) et bâtie sur vide sanitaire ventilé…
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